• Le loup blanc

    Le loup blanc

     

    Le loup blanc

     

    Le loup blanc

     

    Le loup blanc, celui qui est si rare qu’il est assimilé à un mythe. Et pourtant …

     

    Il était une fois une famille qui vivait dans une cabane à l’orée de la forêt. Les parents et leur deux fils y menaient une vie rude, dont ils ne se plaignaient pas. Ils étaient à l’abri et si leur nourriture était frugale, du moins ne souffraient-ils pas de la faim

     

    Une fois les hommes partis au travail, la mère s’inquiétait, redoutant les accidents assez fréquents parmi les bûcherons. Elle ne se détendait qu’en entendant les voix des hommes rentrant au coucher du soleil. Parfois, ils chantaient ou sifflaient sur le chemin, alors elle souriait car elle savait que la journée avait été bonne.

     

    Un jour, après le départ des hommes, on gratta à la porte. La femme ouvrit : à quelques mètres, un loup blanc était assis sur son arrière-train, un loup blanc qui la regardait intensément. Effrayée, elle referma l’huis et verrouilla la porte.

     

    Quand les hommes rentrèrent, le père s’étonna devant la porte fermée. « Eh ! Quoi femme, c’est une nouvelle manie ? » dit-il.

     

    « Tantôt, un loup blanc est venu gratter à la porte et j’ai eu peur, alors je l’ai verrouillée. »

     

    Le mari s’esclaffa : « Elle est bien bonne celle-là. Les loups blancs n’existent pas. Mon père et mon grand-père ont travaillé toute leur vie dans la forêt et jamais, vous m’entendez, jamais n’en ont vu. »

     

    Le souper achevé, il sortit et alla inspecter les environs. On n’est jamais trop prudent. Il rentra. « Femme, tu as rêvé, il n’y a aucune trace de loup près de la maison. »

     

    Le lendemain, à la même heure, on gratta à la porte. Malgré ses bonnes résolutions, curieuse, elle entrebâilla la porte. Il était bien là, assis à la même place. Vite, elle referma la porte. Un peu plus tard, elle n’y tint plus et entrouvrit la porte, rien qu’une fente, juste assez pour voir. Il était toujours là.

     

    Elle n’osa rien dire à son mari par crainte de ses moqueries. Les jours passèrent et régulièrement, le loup blanc, après avoir gratté à la porte, s’installait à proximité. Petit à petit, la femme s’accoutuma à sa présence et alla même jusqu’à laisser la porte entrouverte mais le loup ne bougeait pas.

     

    Un jour, il ne vint pas, la femme s’inquiéta ; à plusieurs reprises, alla voir sur le seuil et finalement se sentit déçue sans trop savoir pourquoi.

     

    Le lendemain, quand elle entendit un grattement à la porte, son cœur fit un bond de joie et elle se précipita pour ouvrir. Le loup se leva, fit quelques pas, s’éloignant, s’arrêtant, se retournant, l’invitant par son attitude à le suivre. Comme il semblait inoffensif, elle sortit, le suivant à distance. Arrivé aux premiers arbres de la forêt, il s’arrêta de nouveau. Elle fit encore quelques pas, puis un reste de prudence l’arrêta. Elle n’allait quand même pas suivre un loup, même blanc, dans la forêt !

     

    Le loup revint sur ses pas et lentement, prudemment, se coucha à ses pieds. Ce geste de soumission la toucha jusqu’aux larmes et imperceptiblement, elle se pencha, avançant la main pour caresser la toison immaculée. Alors que sa main l’atteignait, l’animal disparut et la main ne rencontra que le vide.

     

    Interdite, elle demeura immobile un long moment puis, à pas pesants, regagna la cabane.

     

    Le jour suivant, à l’endroit où le loup s’asseyait, une grosse touffe de perce-neige fleurissait.

     

    La femme s’en approcha et, tendrement, du bout des doigts, effleura les corolles blanches.

     

    Y avait-il un loup ?

     

    Qui sait ?

     

    Bien des choses ne laissent pas de trace tangible et existent pourtant, n’en déplaise aux matérialistes.

     

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