• LE PRINCE ET LA FEE

     

     TUBES FEES

     

     

     

    Ah ! pauvre âme , quel mal te fait
    Errer seule et fantomale ?
    Au lac sont flétris les joncs,
    Et nul oiseau ne chante.

    Ah ! quel mal te point, pauvre âme,
    si farouche et si désolée?
    L'écureuil a fini de remplir son grenier,
    Et la moisson est faite.

    Je vois un lys à ton front
    Qu'emperlent l'angoisse et la fièvre;
    Et sur ta joue, alanguie, une rose
    Se hâte de mourir.

    Dans les prés, je rencontrai la Dame,
    La toute belle enfants des fées,
    Les cheveux longs, et le pied léger,
    Et les yeux sauvages.

    Lors je la fis asseoir sur mon destrier d'amble,
    Et tout le long du jour je ne vis plus rien qu'elle;
    Pour ce que dévers moi penchée, elle chantait
    Le chant des fées.

    Je lui tressai un diadème,
    Des bracelets, une ceinture parfumée;
    Elle me regardait d'un air enamouré;
    Tendre, une plainte émanait d'elle.

    Elle trouva pour moi les racines exquises,
    Le miel des bois et la manne en rosée;
    Certes, en sa langue étrange, elle me semblait dire:
    "Je t'aime, oh, oui, je t'aime!"

    Elle me conduisit à la grotte des fées;
    Et là, le regard fixe, exhala un soupir;
    Et là j'ai clos ses yeux attristés et sauvages,
    En les ensommeillant à force de baisers.

    Et nous nous sommes, là, endormis sur la mousse;
    Et là je fis un rêve, ah! le triste présage!
    Des rêves le dernier jamais par moi rêvé
    Au flanc de la froide colline.

    Je vis, pâles, des rois, et des princes aussi,
    Et, pâles, des guerriers, tous comme la mort pâles
    Et tous criant : " La Belle Dame Sans Mercy
    T'a pris dedans ses rêts!"

    Dans l'ombre je voyais leurs bouches décharnées
    Béantes, proférer des prédictions horribles;
    Et puis je m'éveillai, et me trouvai ici,
    Au flanc de la froide colline.

    Et voilà pourquoi je séjourne ici,
    Errant, fantomal et seul,
    Quand au lac sont flétris les joncs,
    Et lors que nul oiseau ne chante.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 12 Novembre 2010 à 12:30

    Bonjour belle rêveuse, ton aticle est magnifique, je l'adore... Quand à moi je m'étais endormi au beau pays d'Alice, mais Mélusine m'a réveillé et me voilà de retour.bJe te dis à très vite et je te souhaite un bon week-end

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