• REVERIE

     

    BARRES DE SEPARATION 

    Rêverie

    Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
    Cache un front inégal sous un cercle de brume,
    L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.
    Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
    On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
    Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

    Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
    Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre
    Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, -
    Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
    Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
    Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

    Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
    Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies,
    Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
    Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
    Avec les mille tours de ses palais de fées,
    Brumeuse, denteler l'horizon violet !

     


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